Performance des actions vs ETF sur 10, 20 ou 30 ans : que disent les chiffres ?

Quand on investit en bourse pour le long terme, on oppose souvent la performance des ETF à celle du stock picking. Nous décryptons cela dans cet article.

COMPARATIFS ACTIONS VS ETF

Gautier

3/9/20263 min read

Beaucoup d’investisseurs pensent qu’en sélectionnant les “bonnes” actions, ils peuvent battre un ETF.

Mais que disent réellement les données historiques sur 10, 20 ou 30 ans ?

La réponse est plus nuancée — et plus instructive — qu’on ne le pense.

🧭 Sommaire

  1. ❓ Pourquoi la question est souvent mal posée

  2. 📈 Ce que montrent les performances historiques des indices

  3. 🎯 Le problème invisible : la concentration des performances

  4. 🧠 Le biais du survivant : l’illusion des “bonnes actions”

  5. 🌍 ETF : performance moyenne mais robuste

  6. 🎓 Que doit en conclure un investisseur particulier ?

❓ Pourquoi la question est souvent mal posée

Comparer “les actions” aux ETF n’est pas rigoureux. Un ETF mondial réplique des centaines voire des milliers d’entreprises. Une action individuelle est un pari concentré sur une seule société.

La vraie comparaison n’est donc pas :

Une action vs un ETF

Mais plutôt :

Un portefeuille d’actions sélectionnées vs le marché global.

Et là, tout change.

📈 Ce que montrent les performances historiques des indices

Sur le très long terme :

  • Les grands indices actions délivrent historiquement entre 7 % et 10 % par an en moyenne (dividendes réinvestis).

  • Cette performance est obtenue malgré :

    • Les crises

    • Les krachs

    • Les faillites

    • Les guerres

    • Les bulles spéculatives

Un ETF indiciel capte mécaniquement cette performance moyenne. Il ne cherche pas à deviner les gagnants.

👉 Il les détient déjà.

🎯 Le problème invisible : la concentration des performances

Voici un fait peu connu :

👉 Une minorité d’actions génère la majorité de la performance boursière.

Sur longue période :

  • Beaucoup d’actions sous-performent les indices.

  • Certaines détruisent même du capital.

  • Une petite poignée d’entreprises explique l’essentiel de la création de richesse.

Problème :

Identifier à l’avance ces grandes gagnantes est extrêmement difficile.

Un ETF, lui, les détient automatiquement… Et ce dès qu’elles prennent du poids dans l’indice.

🧠 Le biais du survivant : l’illusion des “bonnes actions”

Quand on regarde le passé, on pense souvent :

  • “Il suffisait d’acheter telle entreprise.”

  • “C’était évident.”

Mais on oublie toutes les entreprises :

  • Qui ont disparu

  • Qui ont stagné pendant 15 ans

  • Qui ont été remplacées dans les indices

C’est ce qu’on appelle le biais du survivant.

Un ETF élimine progressivement les entreprises en déclin et augmente mécaniquement l’exposition aux leaders.

👉 Un investisseur en actions doit, lui, prendre ces décisions activement — et sans garantie de succès.

🌍 ETF : performance moyenne mais robuste

Un ETF indiciel offre :

  • La performance du marché

  • Une diversification maximale

  • Des frais faibles

  • Une forte résilience statistique

Ce n’est pas spectaculaire, mais sur 20 ou 30 ans la capitalisation composée fait le travail.

Le stock picking peut surperformer, mais la probabilité de sous-performance est élevée si :

  • Les frais sont importants

  • Les décisions sont émotionnelles

  • Le portefeuille est trop concentré

🎓 Que doit en conclure un investisseur particulier ?

La question n’est pas :

Peut-on battre un ETF ?

Oui, c’est possible, la vraie question est plutôt :

Quelle est la probabilité d’y parvenir sur 20 ans, de manière disciplinée ?

Pour la majorité des investisseurs :

  • L’ETF représente la solution statistiquement la plus robuste.

  • Le stock picking exige compétence, temps et résilience.

Une approche hybride peut aussi être pertinente :

  • ETF comme socle

  • Actions individuelles en complément

👉 Il faut alors avoir du temps à consacrer à l'analyse et au suivi des actions achetées. À mon avis, il faut aussi être un minimum passionné du sujet.

✅ Conclusion

Sur 10 ans, presque tout peut sembler facile. Mais sur 20 ou 30 ans, la réalité statistique s’impose :

  • Les indices progressent grâce à quelques grandes gagnantes.

  • La majorité des actions individuelles sous-performent.

  • La discipline compte davantage que l’intuition.

Un ETF ne promet pas l’exceptionnel, il offre le probable.

👉 Et en investissement long terme, le probable — répété avec constance — devient puissant.

Pour aller plus loin sur le sujet des actions :

Performance des actions vs ETF sur 10, 20 ou 30 ans : que disent vraiment les chiffres ? 📊

Une question ?