Calculateur de plus-value immobilière 2026 : abattements, surtaxe et exonérations
Entre les deux barèmes d'abattement qui ne s'achèvent pas la même année, une surtaxe au calcul lissé et la réintégration des amortissements en location meublée depuis 2025, l'impôt sur une vente immobilière se calcule rarement de tête. Cet outil applique les textes en vigueur et affiche ce que coûterait la vente chaque année jusqu'à 30 ans.
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| Détention | Année de vente | Abatt. IR | Abatt. social | Impôt total | Net perçu |
|---|
Votre situationSeuils d'exonération (22 et 30 ans)
📊 Comment se calcule la plus-value imposable
Le calcul se déroule en trois temps : on détermine d'abord une plus-value brute en confrontant deux montants corrigés, puis on lui applique deux abattements distincts, puis on additionne trois impôts.
Plus-value brute = (prix de vente − frais de cession) − (prix d'achat + frais + travaux)
En location meublée au réel, le second terme est ensuite diminué des amortissements déduits.
Ce qui réduit le prix de cession
Le prix retenu n'est pas toujours celui de l'acte. Trois catégories de frais supportés par le vendeur viennent le diminuer, sur justificatifs : la commission d'agence lorsqu'elle est à sa charge et non à celle de l'acquéreur, les diagnostics obligatoires du dossier technique, et les frais de mainlevée d'hypothèque en cas de remboursement anticipé du crédit. Sur une vente à 350 000 € avec 12 000 € d'honoraires d'agence, l'économie d'impôt dépasse fréquemment 4 000 €. C'est l'oubli le plus courant des simulations faites maison.
Ce qui majore le prix d'acquisition
| Poste | Montant réel | Forfait | Condition du forfait |
|---|---|---|---|
| Frais d'acquisition | Sur justificatifs | 7,5 % du prix d'achat | Acquisition à titre onéreux uniquement |
| Travaux | Factures d'entreprise | 15 % du prix d'achat | Immeuble bâti détenu depuis plus de 5 ans |
| Amortissements LMNP | Viennent en déduction du prix d'acquisition depuis le 15 février 2025 | ||
Pour un bien reçu par donation ou par héritage, le prix d'acquisition est la valeur déclarée dans l'acte, et les frais retenus sont uniquement les droits de mutation et frais d'acte réellement payés. Le forfait de 7,5 % est réservé aux acquisitions à titre onéreux. Beaucoup de simulateurs l'appliquent à tort et sous-estiment l'impôt de plusieurs milliers d'euros.
⏳ Le barème des abattements et le piège des 22 ans
Deux barèmes coexistent et ne s'achèvent pas la même année. C'est la source de confusion la plus fréquente sur le sujet.
| Durée de détention | Abattement sur l'IR (19 %) | Abattement sur les PS (17,2 %) |
|---|---|---|
| 0 à 5 ans | 0 % | 0 % |
| 6e à 21e année | 6 % par an | 1,65 % par an |
| 22e année | 4 %, soit 100 % cumulés | 1,60 %, soit 28 % cumulés |
| 23e à 30e année | Exonération acquise | 9 % par an |
| Au-delà de 30 ans | Exonération totale | Exonération totale |
On présente souvent la 22e année comme une marche décisive. Les chiffres disent autre chose : à 21 ans, l'abattement sur l'impôt sur le revenu atteint déjà 96 %, si bien que franchir la 22e année ne fait gagner qu'environ 1 100 € sur une plus-value de 105 000 €. Ce qui reste lourd, ce sont les prélèvements sociaux : 72 % de la plus-value y est encore soumise à 22 ans, soit près de 13 000 €, et ils ne s'effacent qu'à 30 ans, à raison de 9 points par an. L'enjeu de l'attente se joue donc entre 23 et 30 ans, pas au passage des 22.
💸 La surtaxe sur les plus-values élevées
Instituée en 2013 par l'article 1609 nonies G du code général des impôts, elle frappe les plus-values imposables dépassant 50 000 €, appréciées après abattements. Son barème comporte des formules de lissage sur les tranches intermédiaires, précisément pour éviter qu'un euro de plus ne coûte des centaines d'euros d'impôt. Les terrains à bâtir en sont exclus.
| Plus-value imposable (PV) | Montant de la taxe |
|---|---|
| 50 001 à 60 000 € | 2 % × PV − (60 000 − PV) × 1/20 |
| 60 001 à 100 000 € | 2 % × PV |
| 100 001 à 110 000 € | 3 % × PV − (110 000 − PV) × 1/10 |
| 110 001 à 150 000 € | 3 % × PV |
| 150 001 à 160 000 € | 4 % × PV − (160 000 − PV) × 15/100 |
| 160 001 à 200 000 € | 4 % × PV |
| 200 001 à 210 000 € | 5 % × PV − (210 000 − PV) × 20/100 |
| 210 001 à 250 000 € | 5 % × PV |
| 250 001 à 260 000 € | 6 % × PV − (260 000 − PV) × 25/100 |
| Au-delà de 260 000 € | 6 % × PV |
Le lissage joue entre les tranches, mais pas à l'entrée du barème. À 50 000 € de plus-value imposable, la taxe est nulle ; à 50 001 €, elle s'établit immédiatement à environ 500 €. Un euro de plus-value en plus coûte donc cinq cents euros. Quand le calcul vous place à quelques centaines d'euros au-dessus du seuil, retrouver une facture de travaux oubliée ou intégrer un diagnostic non compté suffit parfois à repasser dessous.
🏠 LMNP : les amortissements réintégrés depuis 2025
C'est le changement le plus lourd de conséquences de ces dernières années, et le moins bien intégré par les simulateurs en ligne. L'article 84 de la loi de finances pour 2025 a mis fin à l'anomalie qui permettait d'amortir un bien pendant vingt ans tout en calculant la plus-value sur son prix d'achat d'origine.
Désormais, pour toute cession réalisée à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits au régime réel viennent minorer le prix d'acquisition retenu. Une réponse ministérielle du 24 mars 2026 a confirmé le point le plus discuté : les amortissements pratiqués avant 2025 sont eux aussi réintégrés, dès lors que la vente est postérieure au 15 février 2025. C'est la date de l'acte authentique qui compte, pas celle du compromis.
- Amortissements cumulés du bâti et du mobilier : environ 60 000 €
- Prix d'acquisition majoré des forfaits : 245 000 € → minoré des amortissements : 185 000 €
- Plus-value brute : 55 000 € avant la réforme, 115 000 € après
- Impôt supplémentaire, à 15 ans de détention : de l'ordre de 16 000 €
Le législateur a expressément exclu du dispositif les résidences universitaires (art. L. 631-12 du code de la construction et de l'habitation), les résidences-services seniors (art. L. 631-13), les EHPAD et les résidences pour personnes handicapées (art. L. 312-1, 6° et 7°, du code de l'action sociale et des familles). Pour ces biens, la plus-value se calcule toujours sur le prix d'acquisition sans réintégration. Le micro-BIC n'est pas davantage concerné, puisqu'aucun amortissement n'y est déduit.
✅ Les cas d'exonération totale
Résidence principale
Exonération intégrale, sans condition de durée ni de montant. Le bien doit être occupé de manière effective et habituelle au jour de la vente ; un départ anticipé reste couvert si la vente intervient dans un délai normal, en pratique autour de douze mois.
Première cession d'un autre logement
Pour un vendeur non propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédentes, qui remploie le prix dans l'achat ou la construction de sa résidence principale dans les vingt-quatre mois. Exonération au prorata de la somme remployée.
Cession inférieure à 15 000 €
Seuil apprécié par cession et par quote-part en cas d'indivision, ce qui permet à chaque indivisaire d'en bénéficier séparément pour sa part.
Retraités et invalides
Titulaires d'une pension de retraite ou d'une carte mobilité inclusion invalidité, sous condition de revenu fiscal de référence et de non-assujettissement à l'IFI.
Départ en EHPAD
Cession de l'ancienne résidence principale dans les deux ans suivant l'entrée en établissement, sous conditions de ressources, si le logement est resté inoccupé depuis le départ.
Détention de plus de 30 ans
Les deux barèmes d'abattement sont arrivés à leur terme : ni impôt sur le revenu, ni prélèvements sociaux, ni surtaxe. Aucune déclaration de plus-value n'est alors requise.
🎯 Cas pratique chiffré
- Durée de détention de date à date : 11 années pleines
- Prix d'acquisition majoré : 200 000 € + 15 000 € (forfait 7,5 %) + 30 000 € (forfait 15 %) = 245 000 €
- Plus-value brute : 350 000 − 245 000 = 105 000 €
- Abattements à 11 ans : 36 % sur l'IR (6 × 6 %) et 9,90 % sur les prélèvements sociaux (6 × 1,65 %)
- Base IR : 67 200 € → impôt sur le revenu 12 768 €
- Base sociale : 94 605 € → prélèvements sociaux 16 272 €
- Surtaxe : la base de 67 200 € relève de la tranche 60 001 à 100 000 € → 2 % × 67 200 = 1 344 €
- Impôt total : 30 384 €, soit 28,94 % de la plus-value brute — net perçu 319 616 €
- En vendant un an plus tard, à 12 ans de détention, l'impôt tomberait à 28 763 € : 1 621 € d'économie pour douze mois d'attente, soit environ 1,5 % de la plus-value par année écoulée.
- Le seuil intéressant se situe ici à 14 ans : la base imposable à l'IR repasse alors sous 50 000 € et la surtaxe disparaît, ce qui ajoute 1 000 € d'économie à la baisse régulière des abattements.
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⚠️ Les erreurs de calcul les plus fréquentes
Compter en années civiles
La durée s'apprécie de date à date. Un achat en septembre 2015 et une vente en juin 2026, c'est 10 années pleines et non 11 : 6 points d'abattement IR envolés.
Oublier les frais de cession
Commission d'agence à votre charge, diagnostics, mainlevée d'hypothèque : ils réduisent le prix de cession retenu, donc l'impôt.
Appliquer le forfait 7,5 % à un héritage
Il est réservé aux acquisitions à titre onéreux. Sur un bien reçu, seuls les droits de mutation réellement acquittés comptent.
Calculer la surtaxe sur la plus-value brute
Son assiette est la plus-value imposable, après abattements. La confusion gonfle la note de plus du double sur un bien détenu dix ans.
Croire qu'à 22 ans tout est exonéré
L'impôt sur le revenu et la surtaxe disparaissent, mais 72 % de la plus-value reste soumise aux prélèvements sociaux jusqu'à 30 ans.
Ignorer les amortissements LMNP
Depuis le 15 février 2025, ils minorent le prix d'acquisition. Sur un bien amorti quinze ans, la plus-value imposable peut doubler.
❓ Questions fréquentes
Comment est calculée la plus-value immobilière ?
La plus-value brute est égale au prix de cession diminué du prix d'acquisition majoré. Le prix de cession se réduit des frais supportés par le vendeur : commission d'agence lorsqu'elle est à sa charge, diagnostics obligatoires, mainlevée d'hypothèque. Le prix d'acquisition se majore des frais d'acquisition, retenus pour leur montant réel sur justificatifs ou au forfait de 7,5 % lorsque le bien a été acheté, et des travaux, retenus pour leur montant réel avec factures d'entreprise ou au forfait de 15 % si l'immeuble bâti est détenu depuis plus de cinq ans. Les abattements par durée de détention s'appliquent ensuite à cette plus-value brute pour obtenir les deux bases imposables, l'une pour l'impôt sur le revenu, l'autre pour les prélèvements sociaux.
Quels sont les abattements par durée de détention en 2026 ?
Deux barèmes distincts s'appliquent. Pour l'impôt sur le revenu de 19 % : aucun abattement les cinq premières années, puis 6 % par an de la sixième à la vingt-et-unième année, puis 4 % la vingt-deuxième année, soit une exonération totale à 22 ans. Pour les prélèvements sociaux de 17,2 % : aucun abattement les cinq premières années, puis 1,65 % par an de la sixième à la vingt-et-unième année, 1,60 % la vingt-deuxième année, puis 9 % par an de la vingt-troisième à la trentième année, soit une exonération totale à 30 ans. Entre 22 et 30 ans de détention, la plus-value échappe donc à l'impôt sur le revenu mais reste soumise aux prélèvements sociaux sur une base qui décroît de 9 points par an.
La résidence principale est-elle imposée sur la plus-value ?
Non, la cession de la résidence principale est totalement exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, quelle que soit la durée de détention et quel que soit le montant de la plus-value. Le bien doit être la résidence principale effective et habituelle du vendeur au jour de la cession. Trois points de vigilance : un départ anticipé du logement conserve l'exonération si la vente intervient dans un délai normal, apprécié en pratique autour de douze mois avec une mise en vente active ; une résidence secondaire n'est jamais assimilée à une résidence principale, même occupée plusieurs mois par an ; un logement déjà loué à la date de la vente perd le bénéfice de l'exonération.
Comment fonctionne la surtaxe sur les plus-values élevées ?
La taxe de l'article 1609 nonies G du code général des impôts frappe les plus-values imposables supérieures à 50 000 €, appréciées après abattements pour durée de détention. Son barème va de 2 % à 6 % et comporte des formules de lissage sur les tranches intermédiaires, afin d'éviter les ruptures de taux. Une seule marche brutale subsiste, au seuil : à 50 000 € de plus-value imposable la taxe est nulle, à 50 001 € elle s'établit d'un coup à environ 500 €. Au taux maximal, la fiscalité totale atteint 42,2 %, soit 19 % d'impôt sur le revenu, 17,2 % de prélèvements sociaux et 6 % de surtaxe. Les terrains à bâtir en sont exclus.
Les amortissements LMNP sont-ils réintégrés dans la plus-value ?
Oui, depuis l'article 84 de la loi de finances pour 2025. Pour toute cession réalisée à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits en location meublée au régime réel viennent minorer le prix d'acquisition retenu, ce qui augmente d'autant la plus-value imposable. Une réponse ministérielle du 24 mars 2026 a confirmé que les amortissements pratiqués avant 2025 sont eux aussi concernés. Sur un bien amorti pendant quinze ans, la plus-value imposable peut ainsi doubler. Quatre catégories restent expressément exclues du dispositif : les résidences universitaires de l'article L. 631-12 du code de la construction et de l'habitation, les résidences-services seniors de l'article L. 631-13, les EHPAD et les résidences pour personnes handicapées relevant des 6° et 7° de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles. Le micro-BIC n'est pas concerné, faute d'amortissement déduit.
Quels sont les autres cas d'exonération de plus-value immobilière ?
Plusieurs situations ouvrent droit à une exonération totale. La première cession d'un logement autre que la résidence principale, lorsque le vendeur n'a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédentes et qu'il remploie le prix dans l'acquisition ou la construction de sa résidence principale dans les vingt-quatre mois. Les cessions dont le prix n'excède pas 15 000 €, seuil apprécié par cession et par quote-part en cas d'indivision. Les titulaires d'une pension de retraite ou d'une carte d'invalidité, sous conditions de revenu fiscal de référence. Les expropriations pour cause d'utilité publique assorties d'un remploi. L'ancienne résidence principale d'une personne entrée en établissement pour personnes âgées dépendantes depuis moins de deux ans. Les cessions au profit d'un organisme de logement social. Enfin, la détention dépassant trente ans emporte exonération complète par le jeu des abattements.
Faut-il attendre 22 ou 30 ans pour vendre ?
Tout dépend de l'année de détention où vous vous situez, et le folklore autour des 22 ans mérite d'être nuancé. Entre la sixième et la vingt-et-unième année, chaque année supplémentaire fait gagner 6 points d'abattement sur l'impôt sur le revenu et 1,65 point sur les prélèvements sociaux, soit environ 1,5 % de la plus-value brute économisée par an. Mais à 21 ans, l'abattement sur l'impôt sur le revenu atteint déjà 96 % : franchir la vingt-deuxième année ne rapporte donc qu'un gain modeste, de l'ordre de 1 % de la plus-value. Le vrai gisement se situe ensuite, entre 23 et 30 ans, où chaque année efface 9 points de base sociale. Un second effet mérite attention : lorsque la base imposable à l'impôt sur le revenu repasse sous 50 000 €, la surtaxe disparaît d'un coup, ce qui crée une marche supplémentaire à une année précise, variable selon le dossier. Ce calculateur affiche l'impôt année par année jusqu'à 30 ans pour situer ces deux effets et les mettre en regard du coût d'attente : charges de détention, inflation et risque de retournement du marché.
Comment déclarer et payer la plus-value immobilière ?
Le notaire calcule, prélève et reverse l'impôt au Trésor au moment de la signature de l'acte authentique, via la déclaration 2048-IMM. Le vendeur n'a aucune démarche de paiement à effectuer et perçoit son solde net quelques jours après la vente, une fois déduits l'impôt et le remboursement éventuel du crédit. Il reste toutefois tenu de reporter la plus-value l'année suivante sur sa déclaration de revenus, en case 3VZ pour le montant net imposable et en case 3VW pour la surtaxe. Ce report n'entraîne aucune imposition supplémentaire : il sert à alimenter le revenu fiscal de référence, qui conditionne l'accès à divers dispositifs sociaux et fiscaux. L'attestation remise par le notaire est à conserver.