Outil · Prévoyance

Simulateur de revenu en arrêt maladie TNS : ce que verse vraiment la Sécu

La plupart des simulateurs attribuent à votre caisse professionnelle des indemnités que verse en réalité l'Assurance maladie, et se trompent ensuite sur ce qui se passe après trois mois. Celui-ci sépare les deux phases, applique la formule officielle — un sept-cent-trentième du revenu, pas un trois-cent-soixante-cinquième — et calcule l'indemnité de prévoyance qu'il vous faudrait réellement.

🧮 Simulez votre revenu en cas d'arrêt

Les résultats se recalculent à chaque modification. Aucune donnée n'est transmise : tout est calculé dans votre navigateur.

Votre situation
Durée de l'arrêt simulée 180 jours
Votre contrat de prévoyance facultatif
Maintien de revenu sur la période simulée — —
Total perçu—sur la période
Perte de revenu—non compensée
IJ prévoyance nécessaire—pour l'objectif retenu
Ce que vous touchez, phase par phase
PériodeQui verseSécu / jourPrévoyance / jourRevenu mensuelMaintien
Aucun revenu Moins de 50 % 50 à 80 % Plus de 80 %
Méthode et limites. Les indemnités des indépendants et des libéraux se calculent sur un sept-cent-trentième du revenu d'activité annuel moyen des trois années civiles précédentes ; le simulateur retient le revenu saisi comme moyenne, ce qui suffit pour un ordre de grandeur mais diffère d'un dossier réel dont les revenus varient. Pour les professions libérales, l'Assurance maladie verse du 4e au 90e jour dans la limite de 3 PASS (197,50 €/jour) avec un plancher de 26,33 €/jour ; la caisse professionnelle ne prend le relais qu'au 91e jour, lorsqu'elle en prévoit un. Les indemnités CARMF sont estimées par classe de cotisation du régime invalidité-décès. Le montant retenu pour un salarié est plafonné à 41,95 €/jour depuis le 1er février 2026 (1,4 SMIC) et ne tient pas compte du maintien de salaire prévu par de nombreuses conventions collectives, qui change complètement la donne. Non pris en compte : majorations pour hospitalisation ou charges de famille, reprise à temps partiel thérapeutique, régimes d'invalidité au-delà de trois ans, conditions d'affiliation et exclusions contractuelles. Résultat indicatif, à confronter à votre relevé de caisse et à vos conditions générales.

📊 Deux phases, deux payeurs

C'est le point que presque toutes les simulations manquent, et il change entièrement la lecture du risque. Depuis la LFSS 2021, les professions libérales — y compris les médecins et les paramédicaux — relèvent du régime d'indemnités journalières de l'Assurance maladie pour les trois premiers mois d'arrêt. Leur caisse professionnelle n'intervient qu'ensuite.

RégimeDu 4e au 90e jourÀ partir du 91e jour
Artisan, commerçantLa Sécurité sociale des indépendants verse sans interruption, jusqu'à la fin des droits
Profession libérale CIPAVAssurance maladie, jusqu'à 197,50 €/jPlus rien : la CIPAV ne couvre pas l'incapacité temporaire
Médecin (CARMF)Assurance maladie, jusqu'à 197,50 €/jCARMF, de 65,84 à 197,51 €/j selon la classe
Infirmier, kiné (CARPIMKO)Assurance maladie, jusqu'à 197,50 €/jCARPIMKO, 55,44 €/j forfaitaires
Exploitant agricoleMSA, 26 €/j puis 34,66 €/j à partir du 29e jour
⚠️ Ne dites plus « les IJ de la CIPAV »

Un consultant affilié à la CIPAV qui touche 150 € par jour au deuxième mois d'arrêt les reçoit de l'Assurance maladie, pas de la CIPAV. La distinction n'est pas cosmétique : elle explique pourquoi le versement s'arrête net au 90e jour. L'Assurance maladie a épuisé son plafond de 87 jours, et la CIPAV n'a jamais eu de garantie d'incapacité temporaire à offrir. Le seul filet restant est la pension d'invalidité, soumise à des conditions strictes et à une instruction longue.

🧮 La formule exacte des indemnités

Indemnité journalière = revenu annuel moyen des 3 dernières années ÷ 730

730, et non 365 : le diviseur correspond à deux années. Une division par 365 double le résultat.

L'erreur de diviseur est la plus coûteuse qui soit, parce qu'elle produit exactement le double du montant réel et rassure à tort. Pour un consultant déclarant 50 000 € de revenu annuel, l'indemnité correcte est de 68,49 € par jour, soit environ 2 080 € par mois — et non 137 €.

ParamètreArtisan, commerçant (SSI)Profession libérale
Diviseur730730
Plafond de revenu1 PASS3 PASS
Indemnité maximale 202665,84 €/jour197,50 €/jour
Indemnité plancher—26,33 €/jour sous 40 % du PASS
Revenu minimal exigé10 % du PASS, soit 4 806 € par an, et un an d'affiliation
Délai de carence3 jours pour tous les régimes
💡 Le plafond n'est presque jamais atteint

Les 197,50 € par jour dont se prévalent beaucoup de pages supposent un revenu d'au moins 144 180 € par an, soit trois PASS. Un libéral déclarant 50 000 € touche 68 € par jour, un libéral à 80 000 € touche 110 € par jour. Présenter le plafond comme le montant courant donne une fausse impression de protection, et c'est précisément ce qui retarde la souscription d'une prévoyance.

📋 Les barèmes 2026 par régime

RégimeCarenceIndemnité maximaleDurée d'indemnisation
SSI — artisans, commerçants3 jours65,84 €/j360 jours sur 3 ans · 1 095 jours en ALD
CIPAV — libéraux3 jours197,50 €/j90 jours, puis plus rien
CARMF — médecins3 jours197,50 €/j puis 197,51 €/j3 ans
CARPIMKO — paramédicaux3 jours197,50 €/j puis 55,44 €/j3 ans
MSA — exploitants agricoles3 jours26 €/j puis 34,66 €/j3 ans
CPAM — salariés3 jours41,95 €/j360 jours sur 3 ans · 3 ans en ALD
⚠️ Le plafond salarié a baissé, pas augmenté

Beaucoup de contenus citent encore un plafond d'indemnités journalières de 53 € par jour pour les salariés, calculé sur 1,8 SMIC. Ce paramètre a été ramené à 1,4 SMIC, ce qui porte le maximum à 41,95 € par jour depuis le 1er février 2026. Un cadre bien rémunéré est donc, en proportion de son revenu, moins bien couvert par la Sécurité sociale qu'un libéral — la différence venant du maintien de salaire conventionnel, qui ne joue que pour les salariés.

⚠️ Les trois ruptures de couverture

01

Les trois premiers jours

Le délai de carence est de 3 jours pour tous les régimes. Court, mais il se répète à chaque arrêt : trois arrêts dans l'année, c'est neuf jours sans rien.

02

Le 91e jour

La rupture majeure pour les libéraux. L'Assurance maladie s'arrête ; selon la caisse, le relais est complet, très partiel, ou inexistant.

03

La fin des droits

360 jours d'indemnisation sur trois ans hors affection de longue durée pour les artisans, commerçants et salariés. Le compteur se vide plus vite qu'on ne le croit.

04

La franchise du contrat

Une franchise de prévoyance à 90 jours alors que la caisse s'arrête au 90e ne laisse aucun trou — mais une franchise à 30 jours n'apporte rien de plus si la Sécu couvre déjà cette période.

🛡️ Forfaitaire ou indemnitaire

C'est la clause qui pèse le plus lourd sur le revenu réellement perçu, et elle est rarement lue. Elle décrit comment la garantie se combine avec les prestations publiques.

SituationContrat indemnitaireContrat forfaitaire
PrincipeL'assureur garantit un revenu global et déduit la SécuLa garantie s'ajoute aux prestations publiques
Sécu à 68 €/j, garantie 150 €/jTotal 150 €/jTotal 218 €/j, sous plafond de 100 %
Sécu à 0 €/j, garantie 150 €/jTotal 150 €/jTotal 150 €/j
IntérêtPrime moins élevéeNettement supérieur tant que la Sécu verse
💡 La clause de non-cumul reste la règle

Même en forfaitaire, la quasi-totalité des contrats prévoient une limitation du cumul à 100 % du revenu net habituel. Promettre une couverture supérieure à ce que l'on gagnait en travaillant est un argument commercial, pas une réalité contractuelle : l'assureur réduira ses versements le moment venu. Le simulateur applique ce plafond, ce qui explique que l'indemnité utile plafonne parfois sous le montant souscrit pendant les trois premiers mois.

📐 Dimensionner son indemnité de prévoyance

Le réflexe habituel consiste à partir du revenu et à en viser un pourcentage. C'est inexact, parce que la couverture publique n'est pas constante : elle varie selon la phase. La bonne méthode part du creux.

01

Identifier la période la moins couverte

Pour un libéral CIPAV, c'est le 91e jour, où la couverture tombe à zéro. Pour un paramédical, c'est également le 91e jour, où l'on passe de l'indemnité de l'Assurance maladie à 55,44 € forfaitaires. Pour un artisan, c'est dès le premier jour indemnisé, le plafond de 65,84 € étant atteint très vite.

02

Calculer l'écart avec l'objectif

L'indemnité à souscrire est la différence entre l'objectif de maintien — 80 % du revenu net est un repère raisonnable, les charges fixes professionnelles continuant de courir — et la prestation publique de cette période creuse. C'est ce montant que le simulateur affiche.

03

Vérifier la durée de versement

Une indemnité correctement calibrée mais versée seulement trois ans n'a pas la même valeur qu'une garantie courant jusqu'à l'âge de la retraite. Pour un libéral sans relais de caisse, la durée de versement compte autant que le montant.

Consultant CIPAV, 4 200 € nets par mois, arrêt de 180 jours
  • Revenu annuel de référence : 50 400 € → indemnité de l'Assurance maladie : 69,04 € par jour, soit 2 100 € par mois
  • Du 4e au 90e jour : 87 jours indemnisés, soit 6 006 €
  • Du 91e au 180e jour : 0 €, la CIPAV ne prenant aucun relais
  • Total sur six mois : 6 006 € contre 24 852 € de revenu habituel, soit un maintien de 24 %
  • Perte non compensée : 18 845 € sur la période
  • Indemnité de prévoyance nécessaire pour un maintien de 80 % : 110 € par jour, dimensionnée sur la période sans couverture
  • Avec une garantie de 150 € par jour et une franchise de 90 jours, le maintien remonte à 74 % et la perte tombe à 6 419 €
Prévoyance TNS

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⚠️ Les erreurs de simulation fréquentes

01

Diviser le revenu par 365

Le diviseur légal est 730. L'erreur double l'indemnité affichée et fait croire à une protection inexistante.

02

Confondre caisse et Assurance maladie

Du 4e au 90e jour, c'est la CPAM qui verse à tous les libéraux. La caisse professionnelle n'intervient qu'ensuite, ou jamais.

03

Afficher le plafond comme montant courant

197,50 € par jour suppose 144 180 € de revenu annuel. En dessous, l'indemnité est strictement proportionnelle.

04

Oublier la limite de 360 jours

Hors affection de longue durée, artisans, commerçants et salariés sont indemnisés 360 jours sur trois ans, pas 1 095.

05

Ignorer la clause de non-cumul

Un total supérieur à 100 % du revenu net n'existe pas en pratique, quel que soit le caractère forfaitaire du contrat.

06

Attribuer 197,50 € aux paramédicaux après 3 mois

La CARPIMKO verse 55,44 € par jour à partir du 91e jour, soit trois fois et demie moins que l'Assurance maladie auparavant.

❓ Questions fréquentes

Qui verse les indemnités journalières à un travailleur indépendant ?

Cela dépend du régime et surtout de la durée de l'arrêt. Pour les artisans et commerçants, la Sécurité sociale des indépendants verse les indemnités du quatrième jour jusqu'à la fin des droits. Pour toutes les professions libérales, y compris les médecins et les paramédicaux, c'est l'Assurance maladie qui indemnise du quatrième au quatre-vingt-dixième jour depuis la réforme de la LFSS 2021 ; ce n'est qu'à partir du quatre-vingt-onzième jour que la caisse professionnelle prend le relais, lorsqu'elle en prévoit un. C'est une nuance décisive : beaucoup de simulateurs attribuent à la CIPAV ou à la CARMF des versements qui relèvent en réalité de l'Assurance maladie, et se trompent ensuite sur ce qui se passe après le troisième mois.

Comment se calculent les indemnités journalières d'un TNS en 2026 ?

La formule de référence est la même pour les indépendants et les libéraux : un sept-cent-trentième du revenu d'activité annuel moyen des trois années civiles précédentes. Ce diviseur de 730 correspond à deux années de 365 jours, il ne s'agit donc pas du revenu divisé par 365. Pour les artisans et commerçants, le résultat est plafonné à un PASS, soit 65,84 € par jour en 2026. Pour les professions libérales, le plafond est de trois PASS, soit 197,50 € par jour, avec un plancher de 26,33 € par jour lorsque le revenu est inférieur à 40 % du PASS. Dans les deux cas, une année d'affiliation et un revenu annuel moyen d'au moins 10 % du PASS sont exigés.

Que se passe-t-il au 91e jour d'arrêt ?

C'est la rupture la plus brutale du système, et elle diffère radicalement selon la caisse. Pour une profession libérale affiliée à la CIPAV — consultant, architecte, formateur, expert — l'indemnisation s'arrête purement et simplement : l'Assurance maladie cesse de verser et la CIPAV ne prévoit aucun relais en incapacité temporaire, seulement une éventuelle pension d'invalidité soumise à conditions. Pour un médecin, la CARMF prend le relais selon sa classe de cotisation, de 65,84 € à 197,51 € par jour. Pour un infirmier ou un kinésithérapeute, la CARPIMKO verse 55,44 € par jour, soit trois fois moins que ce que versait l'Assurance maladie les trois premiers mois.

Pendant combien de temps les indemnités sont-elles versées ?

Pour un artisan ou un commerçant, la durée est de 360 jours d'indemnisation sur une période de trois ans, portée à 1 095 jours en cas d'affection de longue durée. Pour une profession libérale, l'Assurance maladie verse au maximum 87 jours consécutifs, l'indemnisation s'arrêtant au quatre-vingt-dixième jour. Au-delà, tout dépend de la caisse : la CARMF et la CARPIMKO indemnisent jusqu'à trois ans à compter du quatre-vingt-onzième jour, la CIPAV ne prévoit rien. Passé trois ans d'arrêt, la question n'est plus celle de l'incapacité temporaire mais de l'invalidité, avec des règles et des montants entièrement différents.

Quelle est la différence entre un contrat forfaitaire et un contrat indemnitaire ?

Dans un contrat indemnitaire, l'assureur s'engage sur un revenu de remplacement global et déduit systématiquement ce que verse la Sécurité sociale : une garantie de 150 € par jour combinée à 68 € d'indemnités publiques donne 150 € au total, l'assureur n'en versant que 82. Dans un contrat forfaitaire, la garantie s'ajoute aux indemnités publiques : le même dossier donne 218 € par jour, sous réserve de la clause de non-cumul que prévoient la quasi-totalité des contrats et qui limite l'ensemble à 100 % du revenu net habituel. Le forfaitaire est donc toujours au moins aussi favorable, et nettement plus lorsque les indemnités publiques sont élevées. L'écart se creuse pendant les trois premiers mois, puis s'annule pour les professions dont la caisse ne verse plus rien.

Quelle indemnité journalière de prévoyance faut-il souscrire ?

Le bon raisonnement part du trou de couverture, pas du revenu. Il faut identifier la période où les prestations publiques sont les plus faibles — généralement à partir du quatre-vingt-onzième jour — et dimensionner la garantie pour combler l'écart avec l'objectif de maintien retenu, en pratique 80 à 100 % du revenu net. Pour un consultant affilié à la CIPAV percevant 4 200 € nets par mois, l'Assurance maladie verse environ 68 € par jour les trois premiers mois puis plus rien : l'indemnité de prévoyance dimensionnante est donc celle du quatre-vingt-onzième jour, soit environ 110 € par jour pour un maintien de 80 %. Ce simulateur calcule ce montant automatiquement.

Faut-il une franchise courte ou longue sur son contrat de prévoyance ?

La franchise est le délai contractuel avant le premier versement de l'assureur, à ne pas confondre avec le délai de carence de la Sécurité sociale, qui est de trois jours pour tous les régimes depuis 2022. Une franchise courte, de 3 à 15 jours, couvre les arrêts brefs mais renchérit sensiblement la prime. Une franchise de 30, 60 ou 90 jours coûte nettement moins cher et reste pertinente lorsque la trésorerie personnelle permet d'absorber les premières semaines. L'arbitrage dépend surtout du profil de risque : un métier exposé aux arrêts courts et répétés justifie une franchise brève, tandis qu'un risque d'arrêt long appelle plutôt à mettre le budget sur le montant de l'indemnité et sur sa durée de versement.

Les cotisations de prévoyance sont-elles déductibles ?

Oui, dans le cadre de la loi Madelin, pour les travailleurs non salariés relevant d'un régime réel d'imposition. Le plafond de déduction 2026 est commun à la santé et à la prévoyance : 3,75 % du bénéfice imposable majorés de 7 % du PASS, dans la limite de 3 % de huit PASS, soit 11 534 € par an. Pour un bénéfice de 60 000 €, la déduction maximale atteint 5 614 €. Les auto-entrepreneurs en sont exclus, le régime micro-social ne permettant aucune déduction de ce type. Attention à la contrepartie : les indemnités journalières issues d'un contrat Madelin sont imposables à l'impôt sur le revenu, alors que celles d'un contrat non Madelin ne le sont pas.

Gautier, conseiller patrimoine et protection sociale

Gautier

Conseiller patrimoine et protection sociale. comparatifs sur critères objectifs. Barèmes vérifiés en continu.