Simulateur prévoyance TNS 2026 : quel montant de garanties souscrire
Aucun outil ne peut deviner le prix d'un contrat qu'un assureur ne vous a pas encore proposé. Il peut en revanche calculer exactement ce que votre régime obligatoire ne versera pas — et ce montant-là, à l'euro près, est la garantie qu'il vous faut acheter.
Le jour où la couverture d'un professionnel libéral s'arrête
L'Assurance maladie verse des indemnités journalières aux libéraux du 4e au 90e jour d'arrêt. Au 91e, tout dépend de la caisse professionnelle : 113,22 € par jour à la CARCDSF, 55,44 € à la CARPIMKO, et rien du tout à la CIPAV.
Le simulateur
Chaque montant est un besoin moins une prestation officielle 2026, affiché avec sa formule.
C'est la caisse d'affiliation qui détermine ce que vous touchez, et donc ce qui vous manque.
Deux paramètres décident du prix comme de l'utilité du contrat.
Le capital se déduit de besoins chiffrés, jamais d'un multiple du revenu.
D'où vient chaque chiffre
| Donnée | Valeur retenue | Source |
|---|
Faire chiffrer ces garanties par un courtier
Vous savez maintenant quel montant demander sur chacune des trois garanties, et à partir de quel jour. Le prix, lui, dépend de votre âge, de votre profession et du questionnaire médical — c'est le travail d'un courtier, pas d'un barème.
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Le vrai sujet n'est pas le montant, c'est la date
La question que se posent la plupart des indépendants — « combien d'indemnités journalières faut-il souscrire ? » — passe à côté de l'essentiel. Le montant compte, mais c'est la date à laquelle la couverture obligatoire s'arrête qui décide de la structure du contrat, et donc de son prix.
Un professionnel libéral touche des indemnités de l'Assurance maladie du 4e au 90e jour d'arrêt, à hauteur d'un 730e de son revenu annuel moyen. Puis ces versements cessent. Ce qui se passe au 91e jour dépend entièrement de sa caisse professionnelle, et l'écart entre les caisses est considérable.
Un artisan, lui, n'a pas de falaise : la Sécurité sociale des indépendants verse dès le 4e jour et continue, mais elle plafonne à 65,84 € par jour en 2026. Son manque à gagner est immédiat, modéré, et permanent.
Ces deux profils n'ont pas besoin du même contrat. Le libéral a intérêt à une franchise longue — souscrire à partir du 91e jour coûte bien moins cher et couvre exactement là où il n'a plus rien. L'artisan a intérêt à une franchise courte, parce que son trou commence au 4e jour. Une franchise ne se choisit pas par confort, elle se cale sur la fin de la couverture obligatoire.
Ce que verse réellement votre caisse
Toutes les professions libérales relèvent du même dispositif pour les 90 premiers jours depuis la réforme entrée en vigueur en 2021 : trois jours de carence, puis un 730e du revenu d'activité annuel moyen des trois années civiles précédentes, plafonné à trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale. Avec un PASS de 48 060 € en 2026, cela porte l'indemnité maximale à 197,51 € par jour. C'est après que les chemins divergent.
| Régime | Carence | Du 4e au 90e jour | À partir du 91e jour |
|---|---|---|---|
| SSI — artisans, commerçants | 3 jours | 1/730e du revenu, plafond 65,84 €/jour | Identique, jusqu'à 360 jours sur 3 ans |
| CIPAV | 3 jours | 1/730e du revenu, plafond 197,51 €/jour | Rien : la CIPAV ne couvre pas l'incapacité temporaire |
| CARMF — médecins | 3 jours | 1/730e du revenu, plafond 197,51 €/jour | Selon le revenu (65,84 à 197,51 €/jour), jusqu'à 1 095 jours |
| CARPIMKO | 3 jours | 1/730e du revenu, plafond 197,51 €/jour | 55,44 €/jour, jusqu'à 3 ans |
| CARCDSF — dentistes, sages-femmes | 3 jours | 1/730e du revenu, plafond 197,51 €/jour | 113,22 €/jour, jusqu'à 3 ans |
| CNBF — avocats | — | Régime propre, à vérifier auprès de la caisse | 90 €/jour, jusqu'à 3 ans |
Deux conditions valent pour tous : douze mois d'affiliation continue, et un revenu suffisant. Pour un artisan ou un commerçant, l'indemnité tombe à zéro si le revenu annuel moyen des trois années précédentes est inférieur à 10 % de la moyenne des plafonds annuels de ces mêmes années, soit 4 582 € pour un arrêt débutant en 2026.
On lit encore que la CIPAV ou la CARMF « ne versent rien pendant 90 jours ». C'est faux depuis 2021 : l'Assurance maladie prend le relais du 4e au 90e jour pour toutes ces professions. L'erreur inverse est plus dangereuse — croire que la couverture continue après le 90e jour. Pour un affilié CIPAV, elle s'arrête net.
Les charges fixes, l'angle mort du calcul
Un salarié en arrêt de travail cesse de produire et cesse de dépenser pour produire. Un indépendant, non. Le loyer du cabinet, le leasing du fauteuil ou du véhicule, les assurances professionnelles, les salaires de l'assistante, les abonnements logiciels : tout continue de courir alors que le chiffre d'affaires s'interrompt.
Dimensionner une indemnité journalière sur le seul revenu personnel revient donc à laisser ces charges intégralement à découvert. C'est la première cause de consommation d'épargne pendant un arrêt long, et elle est parfaitement prévisible : le montant se lit sur la ligne des charges fixes du dernier bilan.
Un consultant affilié à la CIPAV déclare 73 000 € de revenu et supporte 18 250 € de charges fixes. Ramenés au jour, cela fait 200 € de revenu et 50 € de charges. À 80 % de maintien, son besoin journalier s'élève à 210 €. Du 4e au 90e jour, l'Assurance maladie lui verse 73 000 ÷ 730 = 100 € : il lui manque 110 € par jour. À partir du 91e, elle ne verse plus rien : il lui manque les 210 € en entier, soit 76 650 € sur une année pleine d'arrêt.
Certains contrats proposent une garantie « frais généraux permanents » distincte de l'indemnité journalière, en général limitée à douze ou vingt-quatre mois. Elle a du sens quand les charges représentent une part importante du besoin, comme dans les professions à plateau technique.
Dimensionner l'indemnité journalière
IJ à souscrire = revenu maintenu + charges fixes − IJ du régime obligatoire
Tous les termes ramenés au jour calendaire, en divisant par 365 — c'est ainsi que les indemnités sont versées
Le détail qui change tout : les indemnités journalières se versent en jours calendaires, week-ends compris, et non en jours ouvrés. Ramener un revenu annuel au jour en le divisant par 220 jours travaillés surestime le besoin quotidien de deux tiers environ, et conduit à surassurer.
Le calcul doit être conduit à deux horizons distincts, parce que la prestation du régime change au 91e jour. C'est ce que fait le simulateur ci-dessus : il affiche le manque pendant la phase couverte, puis le manque après, généralement bien plus large.
Dimensionner la rente d'invalidité
La Sécurité sociale des indépendants distingue deux situations. L'incapacité partielle au métier ouvre droit à une pension de 30 % du revenu annuel moyen, plafonnée à 30 % du PASS, soit 14 418 € par an en 2026. L'invalidité totale et définitive ouvre droit à 50 % du revenu annuel moyen, plafonnée à 50 % du PASS, soit 24 030 € par an.
Deux conséquences pratiques. D'abord, la pension est plafonnée en valeur absolue : au-delà de 48 060 € de revenu, elle ne progresse plus, et le manque à combler s'élargit à mesure que le revenu monte. Ensuite, la plupart des contrats de prévoyance plafonnent le cumul de leur rente et de la pension obligatoire au revenu perçu avant l'arrêt. Souscrire au-delà revient à payer une cotisation pour un versement que le contrat ne fera jamais.
Deux définitions de l'invalidité coexistent. L'invalidité professionnelle s'apprécie au regard de votre métier : un chirurgien qui ne peut plus opérer est invalide même s'il peut enseigner. L'invalidité fonctionnelle s'apprécie au regard de toute activité. La seconde est bien moins protectrice pour un métier à geste technique, et coûte logiquement moins cher.
Dimensionner le capital décès
Le capital utile n'est pas un multiple du revenu, c'est une soustraction. On additionne d'abord ce qu'il faudrait financer : le capital restant dû des emprunts que l'assurance emprunteur ne couvre pas, le nombre d'années de revenu nécessaires au foyer pour se réorganiser, et le coût des études à mener à terme. On retranche ensuite ce que le régime obligatoire verse déjà.
| Régime | Capital décès 2026 |
|---|---|
| SSI — artisans, commerçants, libéraux affiliés | 9 612 €, soit 20 % du PASS |
| CNBF — avocats | 50 000 €, quelle que soit la cause du décès |
| Autres caisses professionnelles | Variable : à demander à votre caisse |
L'ordre de grandeur suffit à comprendre l'enjeu : 9 612 € ne remboursent pas un crédit immobilier. C'est un capital d'obsèques et de première urgence, pas un capital de transmission.
Une précision fiscale utile : un capital décès versé par un contrat de prévoyance souscrit dans le cadre Madelin relève, à la sortie, du régime de l'assurance décès. Faites préciser la rédaction de la clause bénéficiaire, particulièrement en famille recomposée, où une clause type « mon conjoint, à défaut mes enfants » produit souvent l'inverse de ce qui était voulu.
Forfaitaire ou indemnitaire, la clause décisive
Deux contrats affichant la même indemnité journalière peuvent verser des sommes très différentes, selon une seule clause des conditions générales.
| Clause | Ce que l'assureur verse | Conséquence |
|---|---|---|
| Forfaitaire | Le montant souscrit, sans condition | Se cumule avec les prestations de la caisse |
| Indemnitaire | La différence entre le revenu de référence et ce que vous percevez par ailleurs | Le montant souscrit n'est qu'un plafond |
La distinction devient décisive dès que la caisse professionnelle verse quelque chose au-delà du 90e jour : en indemnitaire, ses prestations viennent en déduction de celles de l'assureur. Un affilié CARCDSF qui touche 113,22 € par jour de sa caisse verra ce montant retranché de l'indemnité de son contrat indemnitaire, alors qu'un contrat forfaitaire verserait les deux.
Trois points ne figurent presque jamais dans les plaquettes commerciales et déterminent pourtant la valeur du contrat : le caractère forfaitaire ou indemnitaire de chaque garantie, la définition de l'invalidité retenue — professionnelle ou fonctionnelle — et la durée maximale d'indemnisation en incapacité temporaire. Les faire confirmer par écrit avant de signer vous coûte un courriel.
Quel outil pour quelle question
Cette page dimensionne des garanties. Quatre autres outils du site traitent les questions voisines, et il vaut mieux aller directement au bon.
| Votre question | L'outil |
|---|---|
| Quel montant d'IJ, de rente et de capital dois-je souscrire ? | Cette page |
| Combien ma caisse me verse-t-elle, jour après jour, si je m'arrête demain ? | Simulateur de revenu en arrêt maladie TNS |
| Quelle économie d'impôt sur mes cotisations de prévoyance ? | Calculateur économie fiscale Madelin prévoyance |
| Reste-t-il de la place dans mon enveloppe Madelin pour la mutuelle ? | Simulateur mutuelle TNS Madelin |
| Quelle économie d'impôt sur mon effort de retraite ? | Calculateur économie fiscale Madelin retraite |
Mettre votre prévoyance en concurrence
Le calcul vous donne le cahier des charges : montant par garantie, franchise, durée. Un courtier confronte ensuite cette exigence aux contrats réellement disponibles pour votre profession et votre âge, et négocie les clauses qui comptent.
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Questions fréquentes
Quelle franchise choisir pour son contrat de prévoyance TNS ?
La franchise se cale sur la date où votre régime obligatoire s'arrête, pas sur une préférence de confort. Pour une profession libérale, l'Assurance maladie verse des indemnités journalières du 4e au 90e jour d'arrêt, puis plus rien si la caisse professionnelle ne prend pas le relais : une franchise de 90 jours coûte beaucoup moins cher qu'une franchise de 15 jours et couvre exactement la falaise. Pour un artisan ou un commerçant, la Sécurité sociale des indépendants verse dès le 4e jour mais plafonne à 65,84 € par jour en 2026 : le manque à gagner est immédiat et permanent, et une franchise courte se justifie. La bonne franchise n'est donc pas la plus courte, c'est celle qui commence là où la couverture obligatoire cesse.
Combien verse la Sécurité sociale à un professionnel libéral en arrêt de travail ?
Depuis la réforme entrée en vigueur en 2021, l'Assurance maladie verse aux professionnels libéraux une indemnité journalière égale à un 730e du revenu d'activité annuel moyen des trois années civiles précédentes, après un délai de carence de trois jours. Le revenu retenu est plafonné à trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale, soit 144 180 € en 2026, ce qui porte l'indemnité maximale à 197,51 € par jour. Ces versements cessent au 90e jour d'arrêt. Douze mois d'affiliation continue sont exigés. Au-delà du 90e jour, tout dépend de la caisse professionnelle : la CIPAV ne couvre pas l'incapacité temporaire, la CARPIMKO verse 55,44 € par jour, la CARCDSF 113,22 € par jour, et la CARMF un montant qui dépend du revenu d'activité (de 65,84 à 197,51 € par jour).
Faut-il assurer ses charges professionnelles fixes en plus de son revenu ?
Oui, et c'est l'angle mort le plus coûteux du dimensionnement. Le loyer du cabinet, le leasing du matériel, les assurances professionnelles, les salaires et les abonnements continuent de courir pendant l'arrêt, alors que le chiffre d'affaires s'interrompt. Une indemnité journalière calibrée sur le seul revenu personnel laisse ces charges intégralement à découvert et oblige à puiser dans l'épargne. Certains contrats proposent une garantie « frais généraux permanents » distincte de l'indemnité journalière, souvent limitée à douze ou vingt-quatre mois. Le montant à couvrir se lit directement sur la ligne des charges fixes de votre dernier bilan.
Que signifient les clauses forfaitaire et indemnitaire ?
Une garantie forfaitaire verse le montant souscrit, sans considération de la perte de revenu réellement subie ni des autres prestations perçues. Une garantie indemnitaire verse la différence entre votre revenu de référence et ce que vous touchez par ailleurs : le montant souscrit devient un plafond, et non un versement acquis. La distinction est décisive quand la caisse professionnelle verse aussi quelque chose, car en indemnitaire ses prestations viennent en déduction. Deux contrats affichant la même indemnité journalière peuvent donc verser des sommes très différentes. La clause figure dans les conditions générales : c'est le premier point à faire préciser par écrit avant de signer.
Comment dimensionner le capital décès à souscrire ?
Le capital à souscrire se déduit d'une soustraction, pas d'un multiple du revenu. On additionne d'abord les besoins : le capital restant dû des emprunts non couverts par une assurance emprunteur, le nombre d'années de revenu nécessaires au foyer pour se réorganiser, et le coût des études à financer. On retranche ensuite ce que sert déjà le régime obligatoire : la Sécurité sociale des indépendants verse un capital décès égal à 20 % du plafond annuel, soit 9 612 € en 2026, et la CNBF verse 50 000 € aux avocats quelle que soit la cause du décès. La différence est le montant à assurer. Un multiplicateur appliqué au revenu, sans regarder les emprunts ni les prestations déjà acquises, produit un chiffre arbitraire.
La déduction Madelin fait-elle baisser mes cotisations sociales ?
Non. Les cotisations de prévoyance Madelin réduisent la seule assiette de l'impôt sur le revenu, puis sont réintégrées dans l'assiette des cotisations et contributions sociales par les rubriques DSEA et DSEB de la déclaration de revenus. L'économie réelle vaut donc la fraction déductible multipliée par votre seule tranche marginale d'imposition. Tout calcul qui ajoute un taux de charges sociales à ce produit surestime l'avantage de moitié environ, et annonce même une économie à un indépendant non imposable, qui n'en tire aucune. À tranche marginale nulle, un contrat Madelin ne se justifie que par ses garanties.
Un micro-entrepreneur peut-il souscrire une prévoyance Madelin ?
Il peut souscrire un contrat de prévoyance, mais sans aucun avantage fiscal. Le régime micro remplace la déduction des charges réelles par un abattement forfaitaire représentatif de frais appliqué au chiffre d'affaires : aucune charge réelle n'étant déduite, une cotisation de prévoyance ne peut pas l'être non plus. Le besoin de couverture, lui, reste entier et souvent plus aigu qu'ailleurs, puisque les indemnités journalières servies en micro-entreprise sont calculées sur un revenu après abattement, donc très faibles. Le choix du contrat se fait alors sur les garanties et le prix, jamais sur l'étiquette Madelin.
Peut-on cumuler une rente d'invalidité privée avec la pension du régime obligatoire ?
Oui, mais la plupart des contrats plafonnent le total au revenu que vous perceviez avant l'arrêt, afin d'éviter qu'une invalidité devienne financièrement plus avantageuse que l'activité. Souscrire une rente qui, ajoutée à la pension du régime obligatoire, dépasserait ce plafond revient donc à payer une cotisation pour un versement que le contrat ne fera jamais. C'est la raison pour laquelle le montant utile se calcule en soustrayant la pension du régime, et non en appliquant un pourcentage au revenu brut. La pension d'invalidité totale et définitive de la Sécurité sociale des indépendants s'élève à 50 % du revenu annuel moyen, dans la limite de 24 030 € par an en 2026.
Sources. Indemnités journalières des professionnels libéraux et des artisans-commerçants, délai de carence, mode de calcul et plafonds : ameli.fr. Indemnité journalière des chirurgiens-dentistes et sages-femmes : CARCDSF, barème 2026. Indemnité journalière et capital décès des avocats : CNBF. Pension d'invalidité et capital décès des travailleurs indépendants : règlement du régime d'assurance invalidité-décès des travailleurs indépendants, montants exprimés en fraction du plafond annuel de la Sécurité sociale. Plafond annuel de la Sécurité sociale 2026 : arrêté du 22 décembre 2025, 48 060 € par an. Réintégration des cotisations Madelin dans l'assiette sociale par les rubriques DSEA et DSEB : notice de la déclaration de revenus des travailleurs indépendants, urssaf.fr.
Par Gautier