PER et expatriation

Guide · PER

Le PER en cas d'expatriation reste actif mais perd son intérêt fiscal à l'entrée (plus d'IR français à réduire). Vous conservez votre PER et l'épargne continue de croître. Au retrait, la fiscalité dépend de la convention fiscale entre la France et votre pays de résidence.

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Les 3 grandes options pour votre PER à l'étranger

1) Conserver et laisser fructifier — 2) Suspendre les versements (pas de déduction sans IR français) — 3) Mobiliser à la retraite selon la convention fiscale avec le pays de résidence.

Conserver son PER à l'étranger

Bonne nouvelle : quitter la France ne ferme pas votre PER. Le contrat reste actif, l'épargne investie continue de fructifier au sein de l'enveloppe. Aucune démarche particulière n'est imposée par les gestionnaires. Il faut cependant les prévenir du changement de résidence fiscale.

Versements en tant que non-résident

Techniquement, la plupart des gestionnaires acceptent les versements de non-résidents fiscaux. Mais l'intérêt principal du PER — la déduction fiscale des versements — disparaît puisque vous n'êtes plus soumis à l'IR français.

Attention

Continuer à verser sans déduction crée une complexité inutile à la sortie : il faudra distinguer les versements déduits (avant expatriation) et non déduits (pendant), avec des fiscalités de sortie différentes. En général, il vaut mieux suspendre les versements pendant l'expatriation.

Fiscalité au retrait pour non-résident

La fiscalité applicable dépend de la convention fiscale entre la France et votre pays de résidence :

CasTraitement
Convention fiscale (majorité des pays)Imposition dans le pays de résidence selon règles locales
Sans convention fiscaleRetenue à la source française selon nature retrait
Barème non-résident (sans convention)0 % / 12 % / 20 % selon montant (retenue à la source)
Rente viagèreTraitement selon convention (souvent pays de résidence)

L'expatriation débloque-t-elle le PER ?

Non. L'expatriation en tant que telle n'est pas un cas de déblocage anticipé prévu à l'article L. 224-4 du Code monétaire et financier. Les cas légaux (7 depuis la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026) restent : décès conjoint/PACS, invalidité 2e/3e cat., surendettement, expiration droits chômage, cessation activité non salariée post-jugement, achat résidence principale, affection grave / handicap / accident particulièrement grave d'un enfant à charge.

Focus par pays

Exemple concret

Situation : Sophie, 45 ans, s'expatrie au Portugal en 2026. PER = 60 000 €.
Décision : Suspend les versements. Le PER continue de croître. À 62 ans, elle veut sortir en capital.
Fiscalité : Convention France-Portugal — imposition au Portugal selon régime local (souvent avantageux avec statut RNH). Pas de fiscalité française hors retenue à la source éventuelle sur les plus-values.

Retour en France

Au retour en France, votre PER redevient pleinement fiscalisé. Points clés à connaître :

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Questions fréquentes

Peut-on conserver son PER en s'expatriant ?
Oui, l'expatriation ne ferme pas le PER. Le contrat reste actif et l'épargne continue de croître. En revanche, les avantages fiscaux à l'entrée (déduction des versements) sont perdus tant que vous n'êtes pas résident fiscal français, puisqu'il n'y a plus d'IR français à optimiser.
Peut-on continuer à verser sur son PER depuis l'étranger ?
Techniquement oui, la plupart des gestionnaires acceptent les versements de non-résidents. Mais l'intérêt fiscal disparaît : les versements ne sont plus déductibles puisque vous n'êtes plus soumis à l'IR français. Sauf cas particulier (option pour la non-déduction pour bénéficier d'une fiscalité de sortie allégée), il est peu pertinent de continuer les versements.
Quelle fiscalité au retrait pour un non-résident ?
Dépend de la convention fiscale entre la France et le pays de résidence. La plupart des conventions attribuent l'imposition des pensions et rentes au pays de résidence. Sans convention : retenue à la source française selon le barème des non-résidents (0 %, 12 %, 20 %). Le PFL de 7,5 % réservé aux anciens PERP/Madelin ne s'applique pas au PER nouveau régime. Consulter un fiscaliste bilatéral avant tout retrait.
L'expatriation permet-elle de débloquer son PER ?
Non, l'expatriation n'est pas un cas de déblocage anticipé légal. Les 7 cas prévus par l'art. L. 224-4 (dont le 7e ajouté par la loi n° 2026-492 du 12 juin 2026) sont : décès conjoint/PACS, invalidité 2e/3e cat, surendettement, expiration droits chômage, cessation activité non salariée après jugement, achat résidence principale, affection grave / handicap / accident particulièrement grave d'un enfant à charge. L'expatriation en tant que telle n'ouvre aucun droit au déblocage.
Faut-il déclarer son PER dans le pays d'accueil ?
Dépend du pays. Certains pays imposent une déclaration de comptes/contrats étrangers (États-Unis via FATCA, Australie, Canada). D'autres non. À vérifier avec un expert-comptable local. En France, il n'y a plus d'obligation de déclarer l'IFU (contrat non-résident) sauf retrait.
Vaut-il mieux racheter son PER avant l'expatriation ?
Non, sauf cas d'achat de résidence principale. Le rachat impose une pénalité fiscale importante (réintégration des versements déduits dans l'IR de l'année). Il vaut mieux conserver le PER et le mobiliser au moment optimal (retour en France ou retraite dans le pays d'accueil selon convention fiscale).
Quels PER sont adaptés à l'expatriation ?
Les PER en ligne (Linxea, Ramify, Yomoni) sont les plus adaptés : gestion 100 % en ligne, accessible depuis n'importe où. Les PER bancaires classiques ou mutualistes peuvent avoir des contraintes (agence physique requise). Vérifier avant expatriation la politique du gestionnaire sur les non-résidents.
Comment gérer son PER au retour en France ?
Au retour en France, votre PER redevient pleinement fiscalisé. Vous pouvez reprendre les versements déductibles. Attention : le plafond épargne retraite non utilisé pendant l'expatriation reste reportable sur 3 ans, permettant un rattrapage sur les années postérieures au retour.
Gautier

Gautier

Conseiller patrimoine et protection sociale. comparatifs sur critères objectifs. Barèmes vérifiés en continu.