PER après licenciement
Contrairement à une idée reçue, le licenciement ne permet pas de débloquer immédiatement son PER. Ce qui ouvre le déblocage anticipé, c'est l'expiration des droits au chômage après épuisement de l'ARE. Fiscalité au retrait très favorable : exonération d'IR, seuls les prélèvements sociaux à 18,6 % (LFSS 2026) s'appliquent sur les plus-values.
Impôt sur le revenu au déblocage
Le retrait pour cause d'expiration des droits chômage est exonéré d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux 18,6 % (depuis LFSS 2026) s'appliquent sur les plus-values réalisées.
La condition : expiration des droits chômage
Le licenciement en lui-même n'est pas un cas de déblocage anticipé du PER. Ce qui ouvre ce droit, c'est l'expiration des droits à l'Aide au Retour à l'Emploi (ARE), soit à la fin de la période d'indemnisation par France Travail (ex-Pôle emploi).
Cette condition est prévue à l'article L. 224-4 du Code monétaire et financier (5° du I). Elle vise à protéger l'épargnant qui se retrouve sans revenus après épuisement de son chômage.
Délais et démarches
La durée d'indemnisation ARE dépend de votre âge et votre historique de cotisation :
| Âge à la fin du contrat | Durée maximum ARE |
|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois maximum |
| 55-56 ans | 22,5 mois maximum |
| 57 ans et plus | 27 mois maximum |
Après l'épuisement complet de vos droits ARE, vous disposez de 6 mois pour demander le déblocage anticipé de votre PER. Passé ce délai, le motif expiration de droits chômage n'est plus opposable (sauf nouveau chômage éligible).
Fiscalité au déblocage
Régime fiscal particulièrement avantageux. Contrairement à un rachat volontaire (qui réintègre les versements déduits à l'IR), le déblocage pour expiration des droits chômage bénéficie d'un traitement dérogatoire :
- Capital retiré : exonéré d'impôt sur le revenu
- Plus-values générées : soumises aux prélèvements sociaux 18,6 % (LFSS 2026)
- Pas de réintégration des versements déduits pendant les années précédentes
Situation : Thomas, 42 ans, licencié en 2024, fin de ses droits ARE en mars 2026. PER = 45 000 € (dont 40 000 € de versements déduits et 5 000 € de plus-values).
Fiscalité au retrait total : 0 € d'IR + prélèvements sociaux 18,6 % sur 5 000 € = 930 €. Net perçu : 44 070 €.
Rachat partiel ou total
Vous pouvez choisir de retirer tout ou partie de votre PER :
- Rachat total : ferme le contrat, mobilise l'intégralité du capital
- Rachat partiel : conserve le contrat actif, permet de garder l'enveloppe fiscale pour l'avenir
Le rachat partiel est souvent judicieux : ne prélever que le nécessaire pour couvrir vos besoins immédiats, laisser le reste croître pour la retraite.
Cas éligibles
Tous les motifs de rupture du contrat de travail ouvrant droit à l'ARE sont éligibles :
- Licenciement économique
- Licenciement pour motif personnel (hors faute lourde)
- Rupture conventionnelle
- Fin de CDD non renouvelé
- Fin de mission d'intérim
- Démission légitime (réservée à certains cas)
La démission « classique » (hors motifs légitimes reconnus par France Travail) n'ouvre pas de droits ARE, donc pas de déblocage anticipé possible. De même, un licenciement pour faute lourde peut priver de tout ou partie des droits ARE.
Gérer son PER pendant le chômage
Avant même l'expiration des droits ARE, plusieurs points méritent réflexion :
- Suspendre les versements — pendant le chômage, votre TMI baisse (voire tombe à 0 %) ; l'avantage fiscal du PER s'évapore. Autant préserver sa trésorerie.
- Ne pas racheter volontairement — un rachat en dehors des 7 cas légaux (loi 12 juin 2026) impose une réintégration fiscale des versements déduits, très pénalisante.
- Sécuriser l'allocation — si votre horizon de mobilisation approche, réduire l'exposition UC pour éviter une décote au moment du retrait.
Débloquez votre PER après chômage
Nos partenaires certifiés vous accompagnent pour votre déblocage anticipé PER après expiration des droits chômage.
- Vérification éligibilité
- Simulation fiscale
- Aide au dossier
- Réponse sous 48 h
Demande bien reçue
Un expert partenaire vous contactera sous 48 h ouvrées.
Par Gautier