Près d'un Français adulte sur trois présente une dyslipidémie (cholestérol total ou LDL élevé, triglycérides hauts, HDL bas). Sur l'assurance emprunteur, ce critère est pourtant beaucoup plus indulgent qu'on ne le pense : une dyslipidémie isolée bien équilibrée sous statine entraîne rarement plus de 15 % de surprime. Le piège est en revanche réel quand la dyslipidémie s'associe à d'autres facteurs cardiovasculaires.
Voici la grille réelle 2026 selon les chiffres lipidiques, l'impact des traitements (statine, ézétimibe), l'articulation avec les autres facteurs de risque cardiovasculaire et les leviers pour optimiser la couverture.
L'indicateur clé est le LDL cholestérol (« mauvais »). Plus la cible LDL est atteinte sous traitement (typiquement < 1,3 g/L pour un profil sain), plus le tarif est favorable. Le HDL bas est également discriminant mais moins que le LDL haut.
📊 Les marqueurs lipidiques regardés par l'assureur
💰 Grille de surprime selon le profil
| Profil | Surprime décès | Conditions |
|---|---|---|
| Dyslipidémie traitée, cible atteinte | 0 à + 10 % | Statine observante |
| Dyslipidémie traitée, cible non atteinte | + 15 à + 30 % | Suivi cardio recommandé |
| Dyslipidémie non traitée (LDL 1,3-1,9) | + 20 à + 40 % | Prise en charge attendue |
| LDL > 1,9 g/L sans traitement | + 50 à + 100 % | Examens cardio |
| Hypercholestérolémie familiale | + 75 à + 200 % | AERAS si forme sévère |
| Avec autres facteurs CV (HTA, diabète, tabac) | Cumul + 100 à + 250 % | AERAS niveau 2 |
🔗 Quand le cumul de facteurs change tout
La dyslipidémie isolée est peu pénalisée. C'est le cumul avec d'autres facteurs de risque cardiovasculaire qui peut faire basculer la grille tarifaire.
Score de risque cardiovasculaire global
Les assureurs utilisent un score de risque (SCORE2 ou Framingham) qui intègre âge, sexe, tension, cholestérol, tabac, diabète. Un score > 5 % à 10 ans bascule le profil en risque cardiovasculaire élevé.
Le triplet pénalisant
HTA + dyslipidémie + tabac (même léger) : surprime cumulée pouvant atteindre + 200 %. La même configuration sans tabac tombe à + 100 %. L'arrêt du tabac est un levier majeur.
Christophe, 51 ans, hypercholestérolémie diagnostiquée il y a 5 ans, sous atorvastatine 20 mg, LDL stable à 1,1 g/L. Tension normale, non-fumeur, IMC 26. Capital 180 000 € sur 15 ans. En délégation : surprime de +8 % sur le décès, garanties pleines. Coût total : 4 600 € vs 8 200 € en contrat groupe avec surprime forfaitaire à +50 %.
✅ 3 leviers pour optimiser
1. Atteindre la cible LDL avant souscription
Un ajustement médicamenteux 3-6 mois avant la souscription peut faire basculer dans une grille très favorable. Économie potentielle de 1 000 à 3 000 € sur la durée du crédit.
2. Documenter l'absence d'atteinte vasculaire
Doppler des troncs supra-aortiques normal, échographie cardiaque sans anomalie, score calcique coronaire bas : ces éléments négatifs limitent les surprimes complémentaires.
3. Comparer en délégation
Cardif et April sont plus souples sur la dyslipidémie bien traitée. Les contrats groupe banque appliquent souvent une surprime forfaitaire pénalisante. Économie typique : 30 à 50 %.
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Faire étudier mon dossier →❓ Questions fréquentes
Une statine arrêtée par le passé est-elle à déclarer ?
Si elle figure dans la fenêtre de déclaration du questionnaire (souvent 5 ans), oui. Une statine arrêtée parce que le LDL a normalisé sans elle est généralement bien perçue. Une statine arrêtée pour intolérance avec LDL toujours élevé est plus pénalisante.
Le HDL bas isolé est-il pénalisant ?
Modérément. Un HDL < 0,4 g/L isolé avec LDL et triglycérides normaux entraîne une surprime de + 10 à + 25 %. Combiné à d'autres facteurs, l'effet s'amplifie.
L'hypercholestérolémie familiale est-elle assurable ?
Oui, sous AERAS le plus souvent. Les formes hétérozygotes bien traitées par statine forte dose et ézétimibe avec LDL contrôlé sont accessibles. Les formes homozygotes sévères avec atteinte cardiovasculaire précoce sont plus complexes.
Un régime alimentaire suffit-il à éviter la surprime ?
Si le LDL est dans la cible sans traitement et que c'est documenté sur plusieurs bilans, oui. Mais la plupart des dyslipidémies cliniquement diagnostiquées nécessitent une statine pour atteindre la cible. Le régime seul est rarement suffisant.
Une élévation isolée des triglycérides est-elle problématique ?
Modérément. Triglycérides 2-4 g/L sous traitement diététique : surprime + 15 à + 30 %. > 4 g/L : examen pancréas, surprime + 30 à + 75 %. Le diabète et l'alcool sont les déclencheurs à explorer.